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Le leadership PI à l’ère de l’IA

IA
Tags: AI

Quatre questions essentielles pour bien choisir son partenaire IA
 

 Par Justin Crotty, CEO, Anaqua 


« Comment avez-vous fait faillite ? - De deux façons, répondit Mike. D’abord progressivement, puis soudainement. »

 

— Ernest Hemingway, The Sun Also Rises, 1926 

 

Dans les legaltechs, la phase « progressive » a commencé avec la sortie de GPT 3.5 d’OpenAI, il y a trois ans et demi. Les praticiens du droit ont peu à peu adopté ces modèles pour se faire assister, directement ou via des éditeurs qui intégraient de nouvelles fonctionnalités. Les résultats ont été inégaux.

La phase « soudaine » s’est imposée il y a trois semaines et demie, lorsque le marché a digéré l’annonce par Anthropic de son agent IA Cowork. La question est alors devenue immédiate : jusqu’où les agents IA vont-ils bousculer nos métiers ? Et qu’est-ce que cela change à la proposition de valeur fondamentale des legaltechs ?

Dans l’univers de la propriété intellectuelle (PI), on a longtemps cru être relativement protégés, parce qu’il s’agit d’un domaine distinct, hautement spécialisé, avec ses qualifications propres, une expérience juridico technique profonde et même un vocabulaire spécifique. La complexité de la PI, encadrée par des règles mondiales, la valeur des actifs et les conséquences potentiellement lourdes en cas d’erreur ont renforcé ce sentiment.

Avant d’arriver dans la PI il y a dix ans chez Anaqua, j’ai conseillé investisseurs et dirigeants dans différents secteurs, au fil de plusieurs vagues de transformation : client serveur ⟶ navigateur, on premise ⟶ hébergé, opérations domestiques ⟶ opérations globales, financement public ⟶ private equity. Ces bascules étaient majeures… mais la vague de l’IA est d’une autre nature. Et la PI n’y échappe pas.

Avec l’IA agentique, le changement n’est pas seulement technologique : il est opérationnel, architectural et stratégique. À mesure que cette évolution reconfigure la PI à une vitesse exceptionnelle, toute organisation qui gère des actifs de PI devrait se poser quatre questions critiques au moment de choisir un partenaire pour traverser cette nouvelle ère.

 

1. Le fournisseur PI a t il une solidité financière durable ?

C’est une question de survie.

Un logiciel de gestion de PI est un référentiel : il contient des informations hautement confidentielles et il est paramétré avec des workflows et interfaces propriétaires. Pour les acteurs qui gèrent aussi annuités, renouvellements et dépôts, des flux de trésorerie importants transitent par le fournisseur afin de payer les taxes officielles auprès des offices. La PI étant une fonction critique, elle exige un partenaire fiable et solide sur le long terme, capable d’investir et de se développer au rythme des besoins clients et du marché.

Depuis GPT 3.5, chaque nouveau modèle de fondation a élargi le champ des actions que l’IA peut exécuter de façon fiable. Nous ne savons pas encore jusqu’où les modèles agentiques remonteront vers une capacité décisionnelle de haut niveau. En revanche, nous savons ceci : certaines activités de la PI sont déjà exactement dans la zone où l’IA performe — et sont déjà en production.

Les fournisseurs dont le modèle dépend fortement de fonctions facilement “désintermédiées” subissent une pression croissante sur leurs revenus et leurs marges. Quand l’IA banalise une source de revenus, l’investissement ralentit précisément au moment où les clients ont besoin d’innovation accélérée, et la capacité à maintenir des niveaux de service élevés s’érode en parallèle. Quelles activités et quels modèles sont les plus exposés ?

 

Vente d’information

Les secteurs déjà transformés par l’IA l’ont appris : quand les modèles savent extraire, résumer, normaliser et détecter des motifs à grande échelle, la simple vente d’information cesse d’être défendable. Historiquement, ces business reposaient sur des bases de données propriétaires et sur la valeur ajoutée liée au tagging, à la normalisation et à l’analyse — parce que l’acquisition et la curation étaient coûteuses. L’IA accélère la courbe de banalisation, et la PI est particulièrement exposée : la valeur des actifs de PI vient en grande partie de leur caractère public (hors secrets d’affaires), ce qui les rend accessibles à des agents IA. Les jeux de données réellement propriétaires et durablement protégés d’une dévaluation liée à l’IA deviennent rares. Désormais, posséder des données ne suffit plus : l’intelligence doit être intégrée à l’exécution, au cœur même des workflows.

 

Services de traduction

Tout récemment, lors d’un appel avec des collègues d’Europe du Nord, la discussion portait sur des sujets techniques complexes. Chacun préférait s’exprimer dans sa langue. J’ai activé l’interprétation en temps réel dans notre logiciel de réunion et j’ai suivi la conversation sans friction, avec même une restitution imitant la voix des intervenants. Pour la traduction écrite, la technologie est encore plus avancée.

Nous travaillons déjà avec des clients qui utilisent des traductions générées par IA comme source principale pour leurs besoins de traduction liés à la PI, les prestataires humains ou les avocats n’effectuant qu’une passe finale. Résultat : jusqu’à 90 % de réduction des coûts, sans baisse perceptible de qualité. Ce n’est pas théorique : c’est en cours. Plus largement, l’IA fragilise l’économie des couches de service intensives en main d’œuvre ; les plateformes qui reposent sur l’arbitrage humain, plutôt que sur un avantage d’architecture, verront leurs marges et leur pertinence se contracter.

 

Dépendance au capital risque

De nombreuses jeunes entreprises de la PI dépendent du capital risque. Les fonds acceptent de financer des pertes opérationnelles en échange d’un pari sur une croissance exponentielle. Cela peut fonctionner pour les investisseurs, mais pas toujours pour les entreprises financées — ni pour leurs clients. Si la croissance ralentit, les investisseurs se désengagent et déplacent leurs ressources. Ayant vécu l’ère dotcom, je sais à quel point ce financement peut être instable. S’appuyer, pour une fonction critique comme la PI, sur un fournisseur lui même dépendant du venture, c’est exposer son organisation. Une infrastructure mission critique exige de la permanence, pas une option détenue par un tiers.

 

Position d’Anaqua

Chez Anaqua, nous avons toujours considéré que la gestion efficace de la PI ne se réduit ni à vendre de l’information ni à vendre de la traduction. Nous exploitons AcclaimIP pour l’analytique brevets, mais cela représente une faible part de notre chiffre d’affaires, et sa valeur stratégique réside dans son intégration au sein de la plateforme de gestion de PI. Nous proposons des traductions assistées par IA dans le logiciel, mais nous n’opérons pas un service interne de traduction PI : c’est un choix délibéré, cohérent avec la façon dont l’IA reconfigure le marché. Anaqua est rentable depuis vingt ans, et notre acquisition par Nordic Capital en 2025 renforce encore notre capacité à investir dans l’innovation et le leadership de long terme.

 

2. Le fournisseur peut il s’adapter à la transformation “IA” du travail PI ?

Les systèmes PI historiques reposaient sur des workflows déterministes, étape par étape, pour codifier les règles d’obtention et de gestion des droits. Ils ont ensuite intégré de l’analytique et de l’aide à la décision, mais l’humain devait encore faire le pont entre activité et décision.

Nous entrons maintenant dans une phase où l’IA peut automatiser des workflows entiers (docketing, classification, triage). Des agents coordonnés exécutent l’opérationnel, tandis que les experts humains supervisent et interviennent là où ils ajoutent le plus de valeur : revue, validation, cadrage des résultats. Plus loin encore, un futur se dessine où les agents IA initient eux mêmes les workflows et ne sollicitent l’humain que pour des exceptions, questions ou validations. Cela implique un basculement des rôles : de l’exécution vers la gouvernance, et impose de nouveaux schémas d’UX, de contrôle et de comportement système.

Dans ce contexte, bâtir une plateforme de gestion de PI sur une architecture CRM est structurellement limitant : les CRM ajoutent une couche de coût et de contrôle qui réduit la flexibilité nécessaire pour adopter rapidement de nouvelles technologies. Surtout, ils n’ont pas été conçus pour une exécution autonome, agentique, de workflows juridiques hautement confidentiels. Ces limites apparaissent précisément au moment où l’IA exige une liberté architecturale.
Le système PI de demain ne sera pas “un workflow avec des fonctionnalités IA”. Ce sera un système d’exploitation natif IA, où des agents intelligents initient, coordonnent et optimisent les flux, pendant que l’humain gouverne le système plutôt que d’exécuter chaque étape.

 

Position d’Anaqua

a été pionnière dans l’intégration de l’analytique au sein des workflows PI il y a dix ans et est bien placée pour mener la vague agentique. Notre plateforme est conçue spécifiquement pour les exigences de confidentialité, de complexité, d’UX et de conformité propres à la PI. Nous avons évité de bâtir sur un CRM : cela aide à maintenir les données sensibles isolées des LLM externes, et notre maîtrise de bout en bout nous permet de déployer des workflows agentiques rapidement et de façon responsable. En mai 2025, avec Nordic Capital, nous avons acquis RightHub, qui avait développé la première plateforme PI native IA. En combinant la base IA first de RightHub avec la plateforme enterprise d’Anaqua et son réseau mondial d’exécution, nous construisons le premier système d’exploitation PI natif IA du secteur.

 

3. L’infrastructure du fournisseur est elle robuste, scalable et sécurisée ?

Avant publication, l’information qui deviendra un droit de PI figure parmi les plus confidentielles d’une organisation (et des cabinets qui la représentent). La protéger impose une confidentialité absolue et un contrôle strict des interactions avec les LLM, tout en permettant des workflows IA gouvernés et auditables.

À la différence des outils IA grand public, les systèmes PI d’entreprise doivent répondre à des obligations réglementaires, à des certifications exigeantes, à des flux de données massifs et continus, à des durées de rétention de plusieurs décennies, et à une tolérance quasi nulle à la défaillance. L’IA transforme profondément la façon de travailler (présélection, routage, analyse d’art antérieur, rédaction, automatisation de la poursuite et de la maintenance). Cela exige une plateforme capable de faire évoluer son UX, son architecture de données et son moteur de workflow au rythme des avancées IA. Ce n’est pas une simple mise à jour : c’est une évolution de plateforme.

 

Position d’Anaqua

Les capacités IA d’Anaqua automatisent des workflows à forte valeur, du docketing à la classification jusqu’à la protection mondiale des marques. Nous avons investi dans l’hébergement, la sécurité et les contrôles, comme l’attestent ISO 27001, SOC 2 Type 2 et ISO 9001. Pour les clients enterprise, l’hébergement est assuré sur Microsoft Azure : architecture cloud mondiale, hébergement mono locataire pour une isolation maximale, chiffrement AES256 au repos, TLS 1.2 en transit, transfert de fichiers sécurisé, et support opérationnel 24 h/24, 7 j/7 avec reprise rapide via plusieurs centres de sauvegarde. Pour les données américaines très sensibles ou soumises au contrôle des exportations, AnaquaGov ajoute une couche de protection (infrastructure et équipes basées aux États Unis, alignement sur les exigences DoD, évaluation NIST SP 800 171).

 

4. L’écosystème du fournisseur est il solide, et dispose t il du réseau mondial et de l’expertise nécessaires ?

Après publication, un actif PI passe du secret à un droit public dont la valeur dépend de sa visibilité et de son exécution mondiale. Cela requiert un partenaire capable de faire basculer les actifs vers une distribution globale, une collaboration fluide et une exécution transactionnelle à grande échelle.
La PI est un système mondial interconnecté : équipes internes, conseils externes, offices, moteurs de traduction, opérations, paiements, et désormais agents IA. La valeur d’un système de gestion de PI augmente lorsque tous ces acteurs sont connectés de façon transparente. Des solutions ponctuelles et déconnectées ne peuvent pas reproduire l’intelligence cumulative d’une plateforme unifiée orchestrant le cycle de vie complet. Et l’IA, loin d’éliminer l’expertise, en renforce le besoin : elle automatise des tâches, mais ne remplace pas des décennies de savoir faire juridiction par juridiction, ni la nuance de la poursuite, ni la conformité.

 

Position d’Anaqua

Historiquement, Anaqua opère l’un des réseaux PI les plus complexes : connexion d’agents humains, d’offices, de conseils externes, de systèmes de support, des opérations de paiement et de docketing, et désormais d’agents IA. En parallèle, notre équipe mondiale de spécialistes PI apporte une expertise terrain (règles de dépôt et de renouvellement, stratégie de portefeuille, opérations). L’IA change la façon dont le travail est fait, mais augmente le besoin de supervision expérimentée — guidance, validation, conformité et exécution fiable. Anaqua est aujourd’hui utilisée par près de la moitié des 100 plus grands déposants de brevets aux États Unis, par des marques mondiales, et par un nombre croissant de cabinets dans le monde.

 

Conclusion

Réussir en PI à l’ère de l’IA exige un partenaire qui combine architecture, expertise, écosystème — et capacité à durer. La décennie à venir ne sera pas dominée par ceux qui possèdent le plus de données ou proposent les services les moins chers, mais par ceux qui offriront la plateforme PI la plus intelligente, la plus sécurisée et la plus adaptable. Les transformations s’accumulent souvent en silence… jusqu’au moment où elles s’imposent. L’IA est une vague plus forte et plus bruyante ; la manière de prospérer dans son sillage reste la même : choisir les fondations qui tiennent. Anaqua s’engage à traverser cette transformation avec ses clients actuels et futurs : nous avons l’expérience, les outils et les équipes, nous construisons un futur natif IA — et nous sommes là pour durer